Rester Vertical

Rester Vertical

MERCREDI 14 SEPTEMBRE À 20H15 – VF
LUNDI 19 SEPTEMBRE À 20H15 – VF

 

Date de sortie : 24 août 2016 (1h 40min)
De Alain Guiraudie
Avec Damien Bonnard, India Hair, Raphaël Thiéry
Drame
France
Interdit aux moins de 12 ans

 

Léo est à la recherche du loup sur un grand causse de Lozère lorsqu’il rencontre une bergère, Marie. Quelques mois plus tard, ils ont un enfant. En proie au baby blues, et sans aucune confiance en Léo qui s’en va et puis revient sans prévenir, elle les abandonne tous les deux. Léo se retrouve alors avec un bébé sur les bras. C’est compliqué mais au fond, il aime bien ça. Et pendant ce temps, il ne travaille pas beaucoup, il sombre peu à peu dans la misère. C’est la déchéance sociale qui le ramène vers les causses de Lozère et vers le loup.

 

 

 

La fiche complète

 

 

Kado bonux

Entretien avec Alain Guiraudie

Votre cinéma se singularise beaucoup par son goût pour la nature… Et par une très forte incarnation sexuelle. Vous êtes sans doute l’un des moins pudiques parmi les cinéastes français.
La question du sexe, je tourne autour depuis toujours, et comme pour beaucoup d’entre nous, elle me fascine autant qu’elle me fait peur. C’est même ça qui la rend si intéressante ! Mon approche part donc de très loin, peut-être même d’un point de vue si enfoui qu’elle était parfois difficilement repérable. Mais après avoir surmonté mes premières peurs, j’ai voulu dépasser les suivantes, et ainsi de suite comme un défi. D’où sans doute cette impression d’impudeur, mais ça n’est pas volontaire. Ce qui m’importe c’est que ça ne soit ni grave ni solennel.

Au début de Rester vertical, c’est très sage. On entre dans votre film comme dans un conte pour enfants qui se mettrait en place sous nos yeux : un vieil ogre, un jeune homme, l’orée d’une forêt et un noble chevalier qui débarque…
Je crois qu’il a toujours été très important pour moi d’établir des ponts entre ma vie d’hier et celle d’aujourd’hui à travers le conte, la légende, le mythe. C’est important pour moi d’aller chercher dans cette direction. Ça nous est essentiel depuis la nuit des temps. Cela grandit nos vies, les remet en perspective, nous fait communiquer avec ce qui nous dépasse, la grande aventure de l’homme et de l’univers. Le personnage de Jean-Louis est, dans ce sens, tout à fait mythologique, avec son corps et sa tête hors du commun. Beaucoup d’éléments du film rejoignent en effet l’imaginaire du conte : le bourg de Séverac surplombé par un château, les zones mystérieuses du marais poitevin et, bien sûr, le loup…

Certaines scènes quittent le registre du conte pour emprunter celui du rêve, voire du cauchemar.
Il y a toujours eu dans mon travail une dialectique entre rêve et réalité qui me permet d’y voir plus clair, de dégager les horizons, d’ouvrir des brèches. J’ai toujours fait ça mais je le signale de moins en moins. J’arrive à me passer désormais des panneaux « Attention : rêve ». Le processus cinématographique est lui même très proche de celui des rêves, qui incite à prendre beaucoup de liberté. Il y a une part du film qui est une sorte de vie rêvée, parfois cauchemardée, et cette part vient dialoguer avec l’autre, plus réaliste. Être à l’écoute de cette dimension onirique est peut-être un subterfuge pour ne pas perdre de vue mes rêves d’enfant. Et cette injonction que je ressens d’aller si souvent planter ma caméra en plein champ a sans doute aussi à voir avec ça. Enfant, j’ai adoré la nature et ces moments passés à faire des petits barrages sur les ruisseaux. Je vis maintenant en ville mais j’ai toujours besoin de revenir d’une manière ou d’une autre en pleine nature avec mes films.

Ces parfums d’enfance, de mythe, de rêve, n’empêchent pas Rester vertical de croiser de nombreuses questions urgentes qui agitent la société contemporaine. Mais vos intentions ne paraissent jamais intellectualisées ; elles gardent une spontanéité concrète.
Je ne filme pas les choses pour les forcer, mais pour les mettre sur la table, pour aborder des questions en étant le plus fidèle à la façon dont je me les pose vraiment. Forcer les choses ne me mène à rien. Je préfère l’idée de réinventer le réel, y introduire de la marge, du jeu. Cela permet d’échapper à l’idée de fatalité, de destin. Je ne me vis pas comme un intellectuel même si mon activité principale consiste à écrire. Je suis très travaillé par ces nouvelles questions autour du genre, de la procréation, de la GPA ou de l’euthanasie, mais il est vrai que je ne les théorise pas, et de toute façon, je n’ai pas une opinion très tranchée sur tout ça. J’écris et je filme inspiré par la réalité, l’actualité que je trouve souvent abordées au cinéma de façon trop dogmatique ou illustrative.

 

 

Pour retrouver l’intégralité du Dossier de presse, c’est par ici =)

 

 

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