Nocturama

Nocturama

VENDREDI 23 SEPTEMBRE À 20H45 – VF
MARDI 27 SEPTEMBRE À 20H15 – VF

 

Date de sortie : 31 août 2016 (2h 10min)
De Bertrand Bonello
Avec Finnegan Oldfield, Vincent Rottiers, Hamza Meziani
Drame, Thriller
Allemagne, Belgique, France
Scènes, propos ou images pouvant heurter la sensibilité

 

Paris, un matin. Une poignée de jeunes, de milieux différents. Chacun de leur côté, ils entament un ballet étrange dans les dédales du métro et les rues de la capitale. Ils semblent suivre un plan. Leurs gestes sont précis, presque dangereux. Ils convergent vers un même point, un Grand Magasin, au moment où il ferme ses portes. La nuit commence.

 

 

 

La fiche complète sur allocine.fr

 

 

Kado bonux

Bertrand Bonello :

Le film est venu à la fois d’un ressenti du monde dans lequel nous vivons et de désirs formels cinématographiques. J’ai écrit la toute première version il y a cinq ans, tandis que j’étais en train de travailler sur L’Apollonide, un film d’époque, romanesque, tout en opiacé, et j’avais envie, en contrepoint, de faire ensuite un film ultra contemporain, pensé de manière inverse, très direct, plus comme un geste.

J’ai donc écrit très vite une version, qui répondait à ce climat que je ressens depuis longtemps, que je qualifierais « d’effet cocotte minute », c’est-à-dire quelque chose qui frémit et face auquel je me pose souvent la question de « Pourquoi ça n’explose pas » ? Évidemment, le propre du comportement humain, c’est de s’adapter, d’intégrer et d’admettre des choses qui, finalement, sont inacceptables. Puis de temps en temps dans l’Histoire, il y a une insurrection, une révolution. Un moment où les gens disent stop. Il y a un refus.

Je suis parti de ce postulat que j’ai eu envie de tirer vers le cinéma de genre. Dans le sens où très vite, j’ai voulu m’intéresser à la question du Comment plus que celle du Pourquoi. Le Pourquoi, la scène avec Adèle Haenel le prend en charge : « Ça devait arriver » dit-elle. Oui, il suffit de marcher dans la rue, de sentir la tension extrêmement palpable, ou d’ouvrir le journal pour se dire qu’en effet, ça pourrait arriver. C’est pour cela que le film démarre sans préambule.

Comment on passe à l’acte, de quelle manière ça se fait, dans le film, le geste est, pour moi, plus important que la parole. L’action face au discours, c’est le « comment » face au « pourquoi ». Le mystère fait aussi partie du cinéma et je ne voulais pas essayer de rationaliser des choses qui ne sont pas toujours ni explicables ni justifiables.

Le scénario s’est tout de suite appelé Paris est une fête. Cette antiphrase correspondait complètement au film que je voulais faire. Je l’ai mis de côté pour tourner Saint Laurent, puis j’ai repris la préparation pour un tournage à l’été 2015.

Pendant la post production, le titre Paris est une fête a pris un tout autre sens et il fallait évidemment en changer, je me suis alors tourné naturellement vers la musique. Nocturama est le titre d’un album de Nick Cave. J’aimais l’idée de cet hybride entre le latin et le grec qui voudrait dire vision de nuit, je lui ai demandé l’autorisation. Il a accepté, et m’a expliqué qu’en fait le mot désignait dans un zoo la zone créée spécifiquement pour les animaux nocturnes. Ça m’allait très bien. Nocturama renvoie aussi à l’idée de cauchemar.

Du réel à la fiction

En tant que cinéaste, je ne suis pas là pour me substituer à un journaliste, un sociologue, ou un historien. Mon but n’est pas de décrypter l’actualité, ni de la commenter. De toute manière, l’actualité est trop rapide pour le cinéma, qui sera toujours dépassé s’il essaie d’y coller. La force de la fiction est ailleurs. Dans la recréation d’un monde, avec ses règles, ses logiques, des lignes de force qui lui sont propres. Poser un regard plus qu’une analyse.

Qu’on ressente ou s’inspire du réel est pour moi une nécessité, mais il faut ensuite s’en dégager et se l’approprier. Se sentir libre. Le réel, on le retrouve de toute manière ailleurs : le choix d’un acteur, d’un décor.

De l’extérieur à l’intérieur

La structure est la première chose qui est venue. Ça a été la base. Une première partie avec des personnages isolés, à l’extérieur, en mouvement, seulement soutenue par des trajets et des actions, des personnages à peine réunis le temps de deux flashbacks impressionnistes. Puis une partie où ils sont ensemble, non plus dans l’action, mais dans l’attente. Le passage de l’extérieur à l’intérieur permet aussi un passage d’une réalité à une abstraction, d’un monde réel à un monde fantasmé.

Dès que les personnages rentrent dans le grand magasin, il n’y a plus d’extérieur, il n’y a plus de fenêtre. Il n’y a plus de portable, il n’y a plus rien et on se réinvente quelque chose. La fiction et le mental prennent le dessus sur l’extérieur.

Et puis, à un moment, un personnage ressort à nouveau. Il tente presque de s’échapper, pour s’apercevoir in fine, qu’il n’appartient plus au monde extérieur. Qu’il n’a plus rien à y faire. Et il revient.

Le hors-champ

J’ai immédiatement fait le choix de n’être qu’avec mon groupe de personnages. Tout est de leur point de vue. Et nous, comme eux, nous ne savons pas exactement ce qui se passe à l’extérieur, excepté parfois via les écrans de télés. Je ne voulais pas de montage parallèle.
D’une part, pour me concentrer sur l’idée du temps qui passe, et d’autre part, parce que ce qui m’intéresse, ce sont eux, c’est cette micro société qu’ils forment, obligée de se reconstruire pour survivre. Le hors-champ nous rapproche d’eux.

 

Pour lire la suite du Dossier de presse, c’est par là… =)

 

 

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