Moka

Moka

MERCREDI 7 SEPTEMBRE À 20H15 – VF
LUNDI 12 SEPTEMBRE À 20H15 – VF

 

Date de sortie : 17 août 2016 (1h 30min)
De Frédéric Mermoud
Avec Emmanuelle Devos, Nathalie Baye, David Clavel
Drame
France, Suisse
Tous publics

 

Munie de quelques affaires, d’un peu d’argent et d’une arme, Diane Kramer part à Evian. Elle n’a qu’une obsession : retrouver le conducteur de la Mercedes couleur moka qui a renversé son fils et bouleversé sa vie. Mais le chemin de la vérité est plus sinueux qu’il n’y paraît. Diane devra se confronter à une autre femme, attachante et mystérieuse…

 

 

 

La fiche complète

 

 

Kado bonux

 

Interview du réalisateur par Mathieu Loewer, Le Courrier

L’inconnue de la moka
Le cinéaste Frédéric Mermoud revient avec Moka, subtil polar psychologique au féminin pluriel.

C’est le plus discret des quatre cinéastes romands de Bande à part, société de production fondée avec ses camarades Ursula Meier, Lionel Baier et Jean-Stéphane Bron. Il faut dire que Frédéric Mermoud, Valaisan monté à Paris, ne signe aujourd’hui que son deuxième long métrage – après Complices en 2009, plusieurs épisodes de la série Les Revenants et une poignée de courts remarqués.

Le voilà donc de retour avec Moka, un nouveau polar psychologique où l’enquête compte moins que les démons intimes des personnages. Un film de vengeance au féminin sur les rives du trop calme Léman: la Lausannoise Diane retrouve à Evian celle qui a tué son fils au volant d’une Mercedes moka. Mais en s’invitant dans sa vie, elle semble reculer le moment de mener à terme son terrible projet…

Le cinéaste offre un rôle sur mesure à son actrice fétiche Emmanuelle Devos, insondable en mère tourmentée, face à une Nathalie Baye pas moins ambiguë. Orchestrée en nuances, leur confrontation débouchera sur des révélations imprévues. Si ce Moka aurait sans doute mérité d’être servi plus serré, son auteur se confirme fin scrutateur des abîmes de l’âme féminine. Rencontre.

Moka est une adaptation très libre du roman éponyme de Tatiana de Rosnay…

Frédéric Mermoud : C’est l’excroissance d’une petite partie du roman. Après Complices, avec Emmanuelle Devos, nous partagions le désir de retravailler ensemble. Je voulais la faire tourner un film où elle serait dans chaque plan, dont elle serait le centre de gravité. C’est une actrice qui permet ce type de projet. Le roman de Tatiana de Rosnay m’a donc fourni un point de départ, l’histoire d’une femme en mouvement, embarquée dans une enquête qui devient une quête.

La plupart des réalisateurs racontent des histoires d’hommes. Trouvez-vous les personnages féminins plus intéressants ?

Je suis en tout cas attiré par leur complexité. Ce sont souvent des personnages à double fond, jamais là où on les attend. Certains films sont aussi l’occasion de raconter une actrice, de capturer son élan vital – comme l’ont fait de nombreux réalisateurs. Je préfère filmer les actrices. Elles ont un engagement extrêmement fort dans le jeu. Emmanuelle sait s’abandonner complètement tout en étant dans une maîtrise technique extraordinaire. Une qualité que, dans mon parcours, j’ai moins souvent trouvée chez les hommes.

En comptant le court métrage Le Créneau, c’est la troisième fois que vous tournez avec Emmanuelle Devos. Qu’est-ce qui vous fascine tant chez elle ?

C’est une actrice un peu à part dans le paysage du cinéma français, qui ne laisse personne indifférent – elle fascine ou elle agace. Emmanuelle joue chaque instant d’une scène, elle reste dans la peau du personnage tant qu’on n’a pas dit «coupez». Elle incarne au sens presque étymologique du terme. Elle a aussi une double facette: un physique qui peut passer incognito et se dévoiler soudain dans toute sa densité et sa beauté classique. Et puis il y a sa voix, plus importante qu’on ne l’imagine chez les comédiens: elle traduit la justesse du jeu, mais possède par ailleurs une tonalité, une tessiture qui ne se travaille pas. Emmanuelle a une voix singulière à laquelle je suis très sensible. Nathalie Baye aussi d’ailleurs !

En quoi sont-elles les comédiennes idéales pour incarner Diane et Marlène ?

Il fallait que la confrontation de ces deux femmes soit la plus riche possible. J’ai eu l’intuition que Marlène devait être plus âgée que Diane, à un autre moment de sa féminité. Leur relation est construite en contrastes : brune et blonde, provinciale et citadine, lunaire et solaire. En plus, ces deux comédiennes viennent de traditions cinématographiques différentes. Il fallait aussi une actrice qui puisse résister à Emmanuelle Devos ! Nathalie Baye donne de la profondeur à un personnage qu’on aurait pu juger très vite. Elle rend Marlène à la fois plus menaçante et plus attachante qu’il n’y parait au départ. Il se trouve par ailleurs qu’elles n’avaient jamais tourné ensemble et en avaient très envie.

Aviez-vous la même vision des personnages que vos actrices ?

Il y a une part du personnage que le comédien connaît mieux que moi. J’essaie donc d’écouter ce qu’il m’en dit, pour me le réapproprier ensuite. J’aime bien cette dialectique où le réalisateur se soucie de la tonalité générale de la séquence, tandis que l’acteur travaille davantage dans le détail et la précision. Le choix des costumes est une étape essentielle dans la définition du personnage, où on le cherche ensemble. C’est là qu’on décide très concrètement s’il est plutôt extraverti ou intériorisé, sombre ou lumineux. Diane, qui part en mission comme un chasseur, porte une parka. Et c’est Emmanuelle qui a pris l’initiative de se couper les cheveux.

Tatiana de Rosnay est une admiratrice et la biographe de Daphné du Maurier, auteure britannique adaptée plusieurs fois par Hitchcock. Et Claude Chabrol a tourné Que la bête meure, dont l’argument évoque celui de Moka. Où vous situez-vous entre ces deux références ?

Il y a dans le scénario un côté hitchcockien qui me plait bien. Le début du film est presque mental, à la frontière du réel. Emmanuelle pourrait être une héroïne hitchcockienne: fascinante, de prime abord minérale et hiératique, mais qui va ensuite s’incarner et s’humaniser. Il y a aussi du Chabrol dans la géographie provinciale, mais je n’ai pas sa virulence. Je me situe donc plutôt dans la ligne claire d’Hitchcock – ou dans l’inquiétante étrangeté de Polanski, avec l’idée que le décor recèle des forces souterraines qui contaminent le film.

Complices se déroulait à Lyon, Les Revenants dans la région d’Annecy, Moka entre Lausanne et Evian. Un cinéaste suisse, même installé à Paris, filmera-t-il toujours mieux la «province» ?

Je pourrais très bien tourner à Paris ! (rires) Oui, ces paysages me sont familiers, je peux me les approprier de manière plus immédiate. Le roman passe de Paris à Biarritz, un trajet linéaire qui me semblait arbitraire pour le film. Celui-ci étant centré sur une confrontation, j’ai pensé à Lausanne face à Evian, avec le Léman comme une arène de western.

Votre expérience sur la série Les Revenants s’est-elle avérée utile pour Moka ?

Chaque tournage nous enrichit. Dans le plan de travail des Revenants, on profitait au maximum des moments entre chien et loup, de la transition du jour à la nuit, où la lumière crée des images très prégnantes. J’ai repris cela dans Moka. Je me suis aussi inspiré du temps dilaté des Revenants, une lenteur inhabituelle dans les séries. L’arythmie de ce film fait aussi sa richesse.

Le Courrier

 

Difficile en effet pour les cinéphiles que nous sommes de ne pas penser au film de Chabrol, Que la bête meure, avec Jean Yanne et Michel Duchossoy… Qu’en dites-vous ? (je vous rassure, si d’énormes progrès ont heureusement été faits sur les bandes-annonces, un bon Chabrol reste un bon Chabrol =) )

 

 

Et pour retrouver le Dossier de presse, c’est ici !

 

 

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